Quand faut-il renoncer ou perséverer ? Par Seth Godin

Introduction

N’avez-vous jamais eu envie de baisser les bras ? Pas même de temps en temps ? Par exemple face à des obstacles professionnels ou personnels… et lorsque cela nous arrive, on surmonte souvent ces obstacles par la persévérance. On peut ainsi être tenté de lire des citations inspirantes comme celle de Vince Lombardi : « Quitters never win and winners never quit » (Ceux qui renoncent ne gagnent jamais et les gagnants ne renoncent jamais). Cela dit, si cette phrase peut vous motiver et vous donner envie de remettre un coup de collier aux tâches que vous étiez en train d’effectuer, elle n’en demeure pas moins fausse et de mauvais conseil !

Mais cela va même plus loin : votre abandon profite à de nombreuses professions et entreprises privées. La société se base sur le renoncement et les entreprises et organisations capitalisent sur vos échecs. Elles espèrent que vous allez échouer. Dans notre société, tout est fait pour vous empêcher d’y arriver !

Découvrir les systèmes favorisant l’abandon vous sera profitable dans le sens où vous aurez plus de chance de les déjouer.  En effet, seule la petite minorité capable d’aller chercher le graal un peu plus loin que les autres peuvent prétendre à des avantages extraordinaires. Ces mêmes avantages sont également réservés à ceux qui ont le courage d’abandonner dans une voie sans issue pour se concentrer sur un meilleur objectif. Dans ce cas, c’est ce que l’on appelle un renoncement stratégique !

Qui est Seth Godin ?

Seth Godin n’est plus à présenter. Nombreux de ses livres ont fait le tour du monde et ont été traduit dans plusieurs dizaines de langues différentes. Il est en outre un conférencier très prisé et l’un des blogueurs d’affaires les plus suivi au monde. Alors forcément, quand il nous parle d’un sujet comme celui-là, nous ne pouvons que boire ses paroles et le remercier de nous livrer ici le fruit de sa grande expérience.

Un petit livre révolutionnaire !

Venons-en au livre maintenant ! DIP est l’abréviation de défi impossible/possible. Ce livre en petit format comporte moins de 100 pages au total mais dès le début de la lecture, c’est la grosse claque ! Seth ne tarde pas à remettre en cause cet adage populaire selon lequel les gagnants ne renoncent jamais. Au contraire, précise-t-il, les « gagnants » choisissent précisément les combats qu’ils vont mener car ils sont assurés de les mener à bien ! Seth nous gratifie alors d’une punchline dont lui-seul a le secret : « Etre le meilleur au monde, voilà un désir qui n’est vraiment pas estimé à sa juste valeur. » Bien évidemment cette phrase est à relativiser et nous allons comprendre pourquoi dans les paragraphes suivant. On pourrait simplement dire qu’il est important de choisir le bon domaine avant de se lancer, plutôt que d’avancer tête baissée dans un domaine dans lequel nous ne pouvons pas raisonnablement espérer un résultat exceptionnel. La nuance est de taille.

Pour ma part, tout commence un matin d’été 2018 quand j’annonce à ma femme que j’arrête tout. Eh oui, j’ai créé quelques années plus tôt une activité de coaching en rapport avec une passion qui m’anime depuis que je suis jeune adolescent. Il m’a fallu énormément de temps pour tout mettre en place. J’ai commencé par créer un blog, une chaine YouTube et ai diffusé énormément de contenu sur ces 2 supports. Ma chaine YouTube dépasse alors les 12000 abonnés et j’ai de plus en plus de clients réguliers. Le bouche à oreille et la valeur que j’ai développé sur mes vidéos accessibles via YouTube principalement me vaut une réputation de spécialiste.

Alors pourquoi me tracasser me direz-vous ? Pourquoi remettre en cause un système qui semble tourner et s’améliorer petit à petit ? Tout simplement parce que je me rends compte que mon travail n’est rien de plus qu’un travail « à la chaine ». Le coaching a ceci de comparable au salariat qu’il se base sur un salaire horaire fixé. Ainsi, si je donne une heure de cours je perçois 30 euros, ni plus, ni moins. Oui mais voilà : les heures de cours se suivent les unes à la suite des autres et se ressemblent toutes. Pire, je n’ai pas de perspective d’évolution à moyen où à long terme à part me dégager un salaire correct. On peut évaluer la qualité du service que l’on rend et la profondeur des besoins auxquels on répond en nous basant sur le niveau de nos revenus. Et pour être parfaitement honnête, je me rends compte que mon business model n’est pas optimal et le domaine dans lequel je suis n’est pas porteur. Ma situation de leader s’est retrouvée affectée par l’entente conjuguée de mes concurrents qui bénéficient de nombreux appuis et qui ont juré ma perte. Ma chaîne YouTube s’essouffle et accuse rapidement plusieurs milliers d’abonnés de moins que le nouveau leader du domaine qui grossit maintenant deux fois plus rapidement que moi. Je comprends alors que la perspective d’une évolution sensible est sans espoir mais cela n’est pas grave car heureusement pour moi, je viens de lire un livre qui m’a éclairé sur le renoncement stratégique !

Quand on se lance dans le business, on cherche avant tout à gagner assez d’argent pour vivre. Les débuts sont toujours très difficiles et 90% des blogueurs abandonnent avant le 3ème mois de travail. N’ayant bien souvent pas pu dégager le moindre centime avec leur blog à cette échéance, ces derniers estiment que ce n’est pas intéressant de poursuivre leurs efforts. Pour ceux qui continuent, ce n’est pas l’eldorado pour autant. Un nouveau défi commence… quand les premiers mois ont passé mais que les choses n’ont toujours pas évolué, du moins pas forcément aussi vite qu’on l’aurait espéré. La plupart du temps, il leur faudra simplement admettre que les choses n’évolueront tout simplement pas suffisamment, et ce pour diverses raisons. Mauvais domaine d’activité, outils pas assez performants ou encore business model pas assez rentable pour ne citer que ces causes. De nombreuses autres peuvent expliquer l’échec entrepreneurial. Pour en revenir à mon cas, je me suis posé la question suivante : « A quoi bon être leader dans un domaine qui n’est pas porteur ? » Autant se lancer dans un domaine plus rentable ! C’est le signe que l’on répond à des besoins plus profonds de nos clients qui sont alors prêts à payer plus cher pour obtenir le(s) résultat(s) escompté(s) ! Voyons donc ensemble les conseils prodigués par Seth Godin pour faire le(s) bon(s) choix.

Choisir le bon domaine

Que puis-je espérer de mon entreprise dans cette thématique ? Que se passera-t-il si je réussis au mieux dans mon activité ? Ces questions-là doivent être posées avant même de se lancer dans un quelconque projet. Réussir ne suffit pas. Il faut surtout réussir dans le bon domaine ! A notre époque, tout est une question de spécialisation. Mais si certaines niches ne pourront rapporter au mieux que quelques centaines d’euros mensuels en coaching, d’autres vous permettront de générer des bénéfices à 7 chiffres avec une audience pourtant similaire (comprendre par là avec le même nombre de personnes qui vous suivent dans les 2 cas). Dans l’idéal, il faudrait mettre sur papier les objectifs visés par l’entreprise que vous allez créer. Si vous ne les atteignez pas, inutile de faire durer le labeur : abandonnez ! Attention, je ne dis pas qu’il faut abandonner au premier cours dur, bien au contraire. Mais si vous en venez à comprendre que même dans le cas d’une évolution exceptionnelle, cela ne vous ferait pas atteindre les objectifs que vous vous étiez fixés, c’est que vous êtes dans un domaine qui ne vous mérite simplement pas ! En revanche, si vous pensez qu’après un très dur labeur vous allez pouvoir surfer sur les meilleurs places et que cela sera très lucratif, alors le jeu en vaut la chandelle et chaque difficulté passée est une marche de plus qui vous éloigne de la concurrence et vous rapproche du sommet.

Devenir le meilleur du « monde »

Par « monde », nous n’entendons bien évidemment pas le monde entier. Nous pourrions traduire cette phrase plus exactement par devenir le meilleur de son marché. Et à chaque discipline son propre marché ! Ainsi, pour un médecin par exemple, son monde sera simplement son quartier, tandis que pour un blogueur spécialisé, le monde en question sera toute la Toile et donc les internautes présents sur toute la planète !

En vérité il n’est pas toujours indispensable d’être vraiment le N°1. Parfois, suivant la thématique, la seconde place, voire la troisième vous offriront des revenus plus que confortables. Vous devez néanmoins bien comprendre que la plupart du temps, la distribution de la clientèle, même sur le podium de tête, ne se fait pas de façon proportionnelle, équilibrée ou équitable. Si l’on s’en réfère par exemple au parfums de glaces les plus vendus, nous découvrirons que le parfum le plus vendu sera la vanille totalisant 19% des ventes totales de glace. Le chocolat, qui est pourtant seulement à une place derrière soit en deuxième position, ne totalise quant à lui que 13% des ventes totales de glace. Comme dans le cas énoncé, la différence entre la première place et la seconde varie, suivant la thématique encore une fois, souvent du simple au double, voire au triple.

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/consommation/etude-quels-sont-les-parfums-de-glace-preferes-des-francais-5183512

Pourquoi n’y a-t-il de place que pour les meilleurs ?

Les gens manquent cruellement de temps et ne veulent pas prendre le risque. Le choix du meilleur est donc le plus courant pour ces 2 raisons. Par exemple, si vous êtes malade, vous allez tout droit chez le meilleur spécialiste et non chez un spécialiste peur renommé car c’est votre meilleure chance de survie. Si l’on parle en terme de business, lorsque vous désirez engager quelqu’un, prenez-vous quelqu’un qui a un CV moyen ou choisissez-vous parmi ceux qui sont les plus qualifiés ? En réalité tout le monde cherche le meilleur choix. Il n’y a de la place au sommet que pour quelques uns. La rareté donne du prix au fait de se trouver au sommet.

Mais cela n’est pas vrai pour tout. Pour de l’eau embouteillée, il existe des centaines de marques se valant plus ou moins. Il n’y a donc pas de peloton de tête en ce qui concerne l’eau embouteillée et les gens n’iront pas d’un endroit à un autre pour trouver LA meilleure bouteille d’eau. Si l’on va au rayon d’à-côté, à savoir celui du whisky, des différences significatives de prix apparaissent. Un Aberlour 16 ans d’âge se rapprochera du sommet tandis qu’un William Peel plus commun se retrouvera nettement en dessous…

Pourquoi des prix différents ? Simplement parce que le produit est plus rare. Pourquoi est-il plus rare ? Cela vient des obstacles que les marchés et plus généralement notre société établissent ! En effet, la plupart des concurrents baissent les bras bien avant d’avoir pu créer quelque chose pouvant leur faire atteindre le sommet. Les choses sont ainsi et tout le système en dépend !

Devenir le meilleur prend du temps

Les efforts que vous allez consentir pour atteindre le haut du podium sont ceux qui vont vous distancer de vos concurrents, qui auront été moins acharnés que vous sur l’effort. En outre cela prend du temps et demande de la persévérance. Dites-vous que plus un but est difficile à atteindre et plus la valeur pour le réaliser est élevée. Rare sont ceux qui y parviendront. Néanmoins l’effort seul pour parvenir n’est pas un gage de réussite. C’en est un à condition d’être dans ce que Seth Godin appelle un DIP, c’est-à-dire un défi qui vaille la peine d’être relevé car le gain au bout est tout simplement mirobolant. N’oubliez pas qu’au début, tout semble facile avec ce que l’on appelle notamment la chance du débutant. Mais il y a une différence de taille entre celle-ci et la véritable maitrise d’un sujet ou d’un domaine. Cette différence se traduit souvent par des centaines d’heures d’études et de travail dans le domaine concerné. Pour réussir un DIP et maitriser réellement un domaine qui en vaille la peine, il va donc falloir vous retrousser les manches pour aller dans le dur, un plus loin que vos concurrents !

Conclusion

Nous pouvons simplement conclure cet article de blog par la citation suivante :

Renonce aux mauvaises choses
Persévère dans les bonnes choses
Aie le courage de faire l’un ou l’autre

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A bientôt pour de nouveaux articles de blog,
Luc Pitallier